CONFERENCE D’ISABELLE FILLIOZAT à Lille

Isabelle Filliozat est venu à Lille le jeudi 20 juin 2013 pour une conférence sur les émotions chez le jeune enfant. Experte en parentalité à Lille, Isabelle Prugnaud a assisté à la conférence et partage avec nous son résumé de la conférence.

cry_208356Il n’est pas toujours facile d’écouter les émotions des enfants. En tant que parents, éducateurs et professionnels de l’enfance, nous sommes venus nombreux écouter Isabelle Filliozat le jeudi 20 juin 2013 à Lille.

Pour ceux qui n’ont pas pu y assister, voici un résumé de sa conférence, et pour ceux qui étaient présents, peut-être un petit rappel du riche contenu de son intervention.

La conférence débute d’une manière inhabituelle. Isabelle Filliozat nous demande de former de petits groupes, afin d’échanger et de formuler une question commune, à laquelle elle tachera d’y répondre pendant la conférence :

  • « Une fois que mon bébé est couché et que ses besoins physiologiques sont satisfaits, est ce normal que mon bébé pleure encore ? »
  • « Comment faire quand l’enfant s’enferme dans une posture de victime ? »
  • « Comment gérer les frustrations et les colères au quotidien ? »

Qu’est-ce qu’une émotion ?

Isabelle nous explique que l’émotion est le mouvement de la vie en soi:

« E-Motion » =   « E » = vers l’extérieur  +   « Motion » = mouvement

C’est un mouvement qui part de l’intérieur et s’exprime vers l’extérieur. Elle nous donne un peu de théorie, pour mieux comprendre ce qui se passe pour notre enfant. L’émotion est un processus physiologique, hormonal, chimique et électrique. Lors de ce processus, l’enfant nous montre qu’il a besoin de nous, car il ne peut se contrôler. Jusqu’à 6-7 ans, le cerveau de l’enfant ne lui permet pas de comprendre le sens de ses émotions, comme un adulte.

Le processus de l’émotion passe par 3 étapes :

  • La charge émotionnelle,
  • La tension et ensuite vient,
  • La décharge émotionnelle.

Souvent les parents cherchent à calmer les émotions de leurs enfants car elles peuvent nous remuer, nous insécuriser ou encore menacer notre sentiment d’être une « bonne mère » ou un « bon père ». Or l’émotion a un sens, une intention. Nous avons tous déjà vécu une tristesse. Nous savons que les pleurs soulagent, alors pourquoi ça ne marcherait pas avec les enfants !

Avec une pointe d’humour, elle nous rappelle que l’enfant est humain comme nous ! Lorsque l’enfant ne peut pas décharger ses émotions dans la journée, cela peut engendrer des réveils nocturnes, des pleurs, des cris, des crises de rage et d’autres manifestations bien connues des parents d’enfants en bas âge. A ces explications le public réagit, chacun se sent concerné et comprend bien ce dont elle veut parler ; Ce sont ces moments où nos enfants s’expriment de façon inattendue, inappropriée par rapport à la situation du moment. Nous avons tendance à minimiser ces événements et les considérer même parfois comme de la comédie.

Et pourtant, le fait d’accompagner au quotidien nos enfants dans leurs émotions (la peur, la colère, la tristesse, etc.), de mettre des mots sur ce qu’ils ressentent (exemples : comme tu dois être triste d’avoir perdu ton doudou, ça te met vraiment en colère que ta sœur prenne tes jouets sans ta permission, etc.) va leur permettre de baisser leur charge émotionnelle.

Prêter de l’attention aux réactions physiques de l’enfant (tremblement, mains moites, etc.) permet aussi de mieux comprendre ce qui se passe pour lui.

Tant que l’enfant n’aura pas déchargé son émotion se manifestera de nouveau dans la relation avec ses parents ou son entourage (conflit, refus de coopérer).

Besoin d’attachement

Pour que l’enfant puisse vivre ses émotions, il a besoin d’attachement avec son parent. Il a besoin d’amour et de tendresse, d’échange, par le câlin, par de l’attention. Et surtout à travers les câlins, il a besoin de percevoir une réactivité, un échange avec son parent, et de sentir sa présence. Toutes ces attentions nourrissent l’enfant et lui permettent de remplir son réservoir d’amour et d’attachement.snarling_child

Besoin de sentir son pouvoir personnel

Isabelle nous parle également du besoin de nos enfants de ressentir leur pouvoir personnel et de se sentir libre de décider. Ce n’est pas un pouvoir qu’ils ont sur les autres mais plutôt une capacité de « sentir leur force intérieure ».

Tout cela peut passer par le jeu. Pour illustrer ses propos, Isabelle prend l’exemple d’une bataille en famille. Sur le lit, avec des coussins, l’enfant peut taper, crier, rire, décharger des tensions et des émotions qu’il n’a pas pu exprimer auparavant. Il est important que dans la bagarre, il sente que c’est lui qui domine. L’enfant peut alors nourrir son pouvoir personnel.

Souvent les batailles se terminent par des pleurs. L’enfant se fait mal ou n’est pas content. Et là, généralement le parent arrête le jeu, en prétextant que l’enfant est fatigué, et qu’il est préférable d’aller dormir. Isabelle Filliozat insiste sur le lien d’attachement qui s’est installé à travers le jeu. Il permet à l’enfant de se décharger par les pleurs et les cris. Il a tout simplement besoin d’être entendu dans ce qu’il vit et ce qu’il ressent. Il relâche toutes les tensions qu’il a accumulées pendant la journée.

La Colère

Lors de cette soirée, une émotion a été particulièrement évoquée à travers les questions : la colère.

Bien souvent, la frustration de l’enfant déclenche la colère. C’est une blessure profonde pour un petit enfant. Lorsqu’un enfant de quatre ans voit une voiture dans un magasin, il croit déjà qu’elle est à lui (il n’a pas la notion de l’argent, ni du temps). Quand il dit « je veux », ça peut vouloir dire « Regarde maman, ce camion est joli », « J’ai déjà eu un camion comme ça » … Cela ne veut pas forcement dire qu’il veut l’acheter ou l’avoir. Chercher à comprendre ce qu’il veut dire, peut atténuer certaines situations.

La colère de l’enfant est souvent liée à quelque chose ou à une situation qui n’est pas juste pour lui. Elle lui permet de récupérer de la puissance personnelle. Alors il ne se sent plus démuni, impuissant ou incompris. Lorsque l’enfant a pu vivre son émotion, il est lui même.

Et pour ceux, qui veulent lire et continuer de s’enrichir des enseignements d’Isabelle Filliozat, je vous conseille le livre « Au cœur des émotions de l’enfant ».

Pour ma part, j’ai apprécié l’humour que met Isabelle dans ses conférences. Ses messages nous aide aussi à ne pas culpabiliser en tant que parent. Cela me conforte sur le chemin de la compréhension et de l’accompagnement des émotions. L’émotion permet de se reconstruire après une blessure, même des années plus tard, que se soit pour nous, adulte ou pour nos enfants.

Article rédigé par Isabelle Prugnaud
Accompagnatrice en Parentalité et Puériculture

Si vous souhaitez échanger sur ce thème, j’organise une rencontre parentale le jeudi 13 février, sur Villeneuve d’ascq. 

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